Les cabots magnifiques [Saison 2011-2012]

Commentaire du metteur en scène.

Je ne pensais pas un jour mettre en scène au Théâtre du Parc. Je suis surpris. Agréablement, évidemment. Mais je suis touché aussi.
Touché qu'un jeune directeur, pour sa première saison, sans doute la plus délicate, prenne le risque de me confier l'un de ses spectacles.

La pièce me plaît beaucoup. C'est une comédie efficace dans le bon sens du terme.
Mais aussi et surtout touchante, élégante, pleine de poésie, de nostalgie.
Intelligemment construite, pleine d'inattendus, de mise en abîme.
Le temps qui passe est un thème qui nous concerne tous.
Le côté éphémère de toute chose, aussi.

Ce métier, pour lequel nous donnons tant, mais aussi la relation que nous avons au monde, aux gens proches et moins proches, qui évoluent et varient avec le temps.
Notre regard sur nous-mêmes aussi qui évolue et qui, souvent, est sans pitié.
Et puis il y a les non-dits. Et les faux-semblants. Ce que l'on est n'est pas ce que l'on dit.
Ce qui fait pour moi qu'une pièce est une bonne pièce parce qu'elle fait place à l'humain tel que nous sommes.

Enfin, il y a aussi cette magnifique distribution.
Quelle façon élégante de la part de Thierry, de rendre hommage à ces grands noms du théâtre.
Et comment ne pas se réjouir de mettre « en forme » une telle rencontre.
Georges LINI.

Deux mots de l’auteur.

Il y a le souvenir d’un vieux film en noir et blanc… La fin du jour de Julien Duvivier avec Louis Jouvet et Michel Simon, résidents dans une maison de retraite pour acteurs dramatiques.
Il y a surtout l’envie d’écrire sur mesure et de rendre hommage aux acteurs qui joueront dans la pièce. Avec beaucoup d’humour, Yves Larec, Jean-Claude Frison et Michel de Warzée, amis dans la vie, ont accepté d’incarner trois comédiens qui ne se supportent pas et qui perdent peu à peu la mémoire.
Il y a enfin la découverte de l’univers des résidences puisque ma maman (qui fêtera ses 90 ans en 2011) vient de quitter son « chez elle » pour aménager dans une maison de retraite.
L’émotion et l’humour sont donc dans cette pièce, comme dans la vie, intimement mêlés.